A l’emplacement d’un château féodal détruit, Louis XIII fait bâtir un hôpital destiné à recevoir des militaires invalides. En 1634, l’établissement est érigé en Commanderie de Saint-Louis. La réalisation complète du projet est interrompue par la mort du roi. Vincent de Paul obtient l’autorisation d’y installer pour une courte période les enfants trouvés.
L’établissement est rattaché par Mazarin à l’Hôpital général en 1656. Il devient successivement ou simultanément prison d’Etat, asile d’aliénés et hospice. En 1823, il est appelé Hospice de la Vieillesse Hommes et en 1885 Hospice de Bicêtre.
Le site reçoit de nombreux ajouts au cours des siècles, et principalement au 19e (1813, 1856). En 1883-88, un ensemble pavillonnaire est conçu par J. Rochet, également architcete de l’hôpital de La Pitié à Paris.
Cet établissement est conçu selon le schéma de l’hôpital classique, par Jacques Lemercier : des bâtiments – maçonnerie de moellons et enduits, chaînages de pierre – répartis symétriquement autour d’une cour carrée. Les façades ont une élévation à 3 niveaux, avec combles brisés.
L’hôpital conserve le système hydraulique conçu par l’architecte Boffrand : un vaste puits (1733-35), un manège et un réservoir.
Une partie du site et des bâtiments est inscrite ou classée à l’inventaire des monuments historiques.
L’ensemble pavillonnaire de Rochet est en brique, avec soubassement en meulière, généralement à deux ou trois niveaux d’élévation.
En 1982, un hôpital moderne, de type polybloc, a été construit sur le site par les architectes Maître, Bourdon et Deguest. Bâtiment à 7 étages, structure en béton armé, façades en panneaux préfabriqués en béton blanc et mur-rideau en aluminium profil bronze et verre.
Afin de satisfaire aux besoins en eau de l’ancien hospice de Bicestre construit sous Louis XIII, un énorme puits fut foncé et aménagé entre 1733 et 1735 par Boffrand (ancien élève de Mansart) ; il plongeait 57 mètres plus bas dans les eaux de la nappe alluviale de Bièvre. Entre sa dâte de mise en fonction et son arrêt (en 1903) les systèmes utilisées afin de remonter l’eau furent : un manège à chevaux ; des hommes (en particulier des épileptiques internés) ; une machine à vapeur. Les eaux étaient ensuite dirigées vers un grand bassin réservoir tout contre ; celui-ci, de forme rectangulaire, est remarquable par la qualité des voûtes et des piliers qui le compose. Subsiste à l’intérieur du puits un système de descente (reste de paliers et d’échelles en fer plus que rouillés) ; il était destiné aux équipes en charge du currage du font de puits.
L’actuel hopital de Bicetre est souminé par d’anciennes carrières souterraines de 2 types : en piliers tournés ; à hagues et bourrages. Les constructions successives qui s’échelonnèrent du 17ème au 20ème siècle rendirent nécessaires la sécurisation des vides soujacents. Les anciennes carrières en piliers tournés (situées en bordure ouest, avec entrée en cavage à flanc des coteaux de Bièvre), furent toutes remblayées (dernière injection en date courant 2001 sous la fac de médecine). Il s’agissait de vieilles exploitations moyennageuses, parmi les plus anciennes du sud parisien.
La carrière proposée ici comporte d’ailleurs un ancien secteur en piliers tournés (secteur de la Grotte et des Bizuths) ; l’ensemble est sécurisé aujourd’hui par des piliers de conso. et des comblements partiels. Le reste des vides de cette carrière est le fruit d’une exploitation plus récente effectuée selon la méthode des hagues et bourrages (18-19ème siècle). Il ne reste comme trace de cette phase d’exploitation que quelques tronçons de galeries longeant l’ancien front de taille (il n’y a en effet aujourd’hui plus aucune galerie d’origine à hagues et bourrages). Toutes les autres galeries qui composent ce réseau sont ce que l’on appelle des galeries d’inspection. Tracées au sein des anciens déblais d’exploitation, elles sont composées d’épais mur droits maçonnées, et souvent rectilignes ; elles sont en l’aplomb des anciens batiments de l’hopital construit ici vers 1880 (batiments de surface en briques rouges). Elles ont été aménagées afin de permettre une surveillance régulière des soubassements ; elles datent des années 1880 (un mur de conso. porte en effet l’année 1888 peinte au pochoir). D’ailleurs les premières traces de visiteurs (graffitis à la mine de plomb) remontent également à l’année 1888 ; elles vont jusqu’aux années 1950, 1996, voire 2001 ; on les rencontre un peu partout dans le réseau mais se concentrent dans les vastes et hautes salles proches de l’escalier d’accès (Salle des bizuths et de la Grotte). Ces inscriptions sont composées pour l’essentiel de noms et parfois de brefs messages (étudiants de l’hospice ?).
Certains piliers de conso. portent une numérotation peinte en noir au pochoir (peu avant la salle des bizuths). Il semble qu’une deuxième phase de consolidation aient été entreprises vers 1930 : murs et voutes à joints bétonnés ; plaques octogonales indicatives en angle de galerie (portant numérotation) ; escalier d’accès (?).
Trois puits de service sans échelons sont, avec l’escalier, les seules voies de communication et d’aération avec la surface. Il faut signaler l’existence d’une importante fuite d’eau chaude (40°C) sous le pavillon n°6 ; chaleur et humidité rendent ce tronçon de carrière particulièrement éprouvant et pénible à traverser (la hauteur de ciel de 1,20m n’arrange rien). Ce réseau comporte également quelques beaux anciens ateliers de carrier (salle des Bizuths, salle du Yang avec encore les boisages).
Le développement total du réseau est aujourd’hui de l’ordre du kilomètre. Il fut emputé de sa moitié Est lorsque furent injectés les soubassements du “nouveau” batiment de gériatrie ; cette injection condamna également la jonction avec le secteur encore plus à l’Est, composé de galeries d’exploitation à hagues et bourrages..
Source: http://geos1777.free.fr/hkb.htm
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